Les algues de Madagascar sont mal connues et très peu d’espèces ont été recensées jusqu’à aujourd’hui. Ainsi seules 308 espèces (47 Phaeophyceae, 62 Chlorphyceae, 199 Rhodophyceae, Guiry et Guiry 2012) sont connues pour tout Madagascar alors qu’à titre de comparaison et d’exemple 435 espèces sont connues de l’île Maurice (Bolton et al. 2012), dont la longueur de côte est très largement inférieure et la situation géographique beaucoup plus isolée. Les algues sont un élément écologiquement essentiel des écosystèmes coralliens. Par exemple les espèces du genre d’algue brune Sargassum (Phaeophyceae) forment des forêts sous-marines qui constituent un habitat clef pour de nombreuses espèces de poissons (ex. nurseries) et d’invertébrés marins. Les corall ines sont des algues rouges calcaires (Rhodophyta) indispensables à la construction de l’ édifice corallien, on leur accorde souvent le rôle de « ciment » du récif. Les espèces de l’al gue verte Halimeda (Chlorophyceae) construisent un squelette calcaire qui à la mort de l’algue participe à la formation du sable. Connaître la diversité et le type d’habitat auquel elle est associée est un élément indispensable à la protection de la biodiversité. D’autre part, dans de nombreux pays, les algues représentent une source de nourriture et/ou sont utilisées pour des applications industrielles (alginates, agar-agar, carragènanes) ou comme fertilisants. Elles représentent de manière générale un potentiel économique non négligeable qu’il est impossible d’évaluer sans connaître la diversité existante. L’objectif principal du projet est de contribuer à la connaissance de diversité spécifique des algues du Nord de Madagascar et d’analyser leur distribution en fonction des types d’habitats côtiers marins.